Le Prix Martin Ennals 2020 pour les défenseur-euse-s des droits humains a été décerné à Huda Al-Sarari, Yémen

février 24, 2020

La Fondation Martin Ennals a décerné le Prix Martin Ennals 2020 à Huda Al-Sarari, avocate yéménite et militante des droits humains.

 

Huda Al-Sarari Laureate of the Martin Ennals Award 2020

Huda Al-Sarari, Lauréate du Prix Martin Ennals 2020

 

Un Podium au Féminin

Co-organisée par la Fondation Martin Ennals et la Ville de Genève, la cérémonie de remise du Prix Martin Ennals 2020 s’est déroulée le mercredi 19 février, et, pour la première fois, dans l’histoire du Prix, les trois finalistes sont des femmes.

Huda Al-Sarari fait partie de trois finalistes défenseuses des droits humains sélectionnées par un jury composé de représentant-e-s de dix des plus grandes organisations de défense des droits humains, aux côtés de Sizani Ngubane, Afrique du Sud, et Norma Librada Ledezma, Mexique.

 

Le Travail d’une Femme Défenseuse des Droits Humains dans le Contexte d’une Guerre

« Les femmes défenseuses des droits humains (FDDH) sont confrontées aux mêmes risques que tout militant des droits humains, mais en tant que femmes, elles subissent aussi certaines formes de violence et de violations en raison de leur sexe. Les FDDH sont souvent stigmatisées et ostracisées par des chefs communautaires, des groupes confessionnels, voire des membres de leur famille », explique la Maire de Genève Sandrine Salerno.

« La Fondation Martin Ennals est très fière de rendre hommage et de soutenir cette année trois femmes résilientes qui œuvrent pour la défense des droits humains : notre lauréate Huda Al-Sarari ainsi que nos deux finalistes Sizani Ngubane et Norma Librada Ledezma. Nous espérons que le Prix contribuera à mettre en lumière leurs réalisations et à renforcer les mécanismes de protection autour d’elles », explique Philippe Currat, président du Conseil d’administration de la Fondation Martin Ennals.

Avocate et militante yéménite des droits humains, diplômée de l’Université d’Aden, Huda Al-Sarari est titulaire d’un diplôme en droit de la Charia et d’une maîtrise en études et développement des femmes du Centre des femmes. Ces dernières années, Huda a mené des enquêtes, dénoncé et contesté les disparitions survenues dans des prisons secrètes gérées par des gouvernements étrangers au Yémen, où des milliers d’hommes et de garçons ont souffert de détention arbitraire. Elle a recueilli des preuves sur plus de 250 cas d’abus commis dans ces prisons et réussi à convaincre des organisations internationales, telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch, d’adhérer à sa cause.

« Il est extrêmement difficile d’être un défenseur des droits humains au Yémen, et cela est encore plus difficile pour une femme. Dans une société dominée par les hommes, je dois faire mes preuves peut-être dix fois plus qu’un homme », explique Huda.

Malgré les menaces, les campagnes de diffamation et les sacrifices qu’elle et sa famille ont subis, elle continue à se battre aux côtés des familles des disparus.

« Recevoir le Prix Martin Ennals 2020 pour les défenseurs des droits humains signifie tout pour moi. Cela me donne une grande force et m’encourage à poursuivre ce combat pour la justice », dit Huda.. « Je suis persuadée que le Prix jouera un rôle extrêmement important en permettant d’attirer l’attention sur le sort des victimes de détentions arbitraires, d’abus et de torture au Yémen », conclut-elle.

Hans Thoolen, président du jury du Prix Martin Ennals, déclare quant à lui : « Nous félicitons Huda pour le travail qu’elle a mené, non seulement dans le contexte de la guerre civile actuelle au Yémen, mais aussi dans un pays où les femmes luttent encore pour jouir de leurs droits civils et politiques. L’héritage de Huda est crucial, car ses enquêtes approfondies et sa recherche de responsabilité permettront de rendre justice aux victimes de violations des droits humains commises pendant le conflit. »

 

Selfie avec la Lauréate Huda Al-Sarari et les finalistes Norma Ledezma et Sizani Ngubane

Selfie avec la Lauréate Huda Al-Sarari et les finalistes Norma Ledezma et Sizani Ngubane

 

Deux Finalistes Résilientes

Cette année, les deux finalistes du Prix Martin Ennals 2020 sont Sizani Ngubane (Afrique du Sud) et Norma Librada Ledezma (Mexique). Sizani est une militante des droits humains qui lutte pour l’accès des femmes à la propriété foncière dans les zones rurales sud-africaines. Elle aide également les femmes à accéder à l’éducation et se bat pour abolir la pratique traditionnelle d’ Ukuthwala, l’enlèvement et le mariage forcé de fillettes et de femmes.

Fondatrice de l’organisation Justicia para Nuestras Hijas, Norma a soutenu plus de 200 enquêtes sur des féminicides, des disparitions forcées et la traite d’êtres humains à Chihuahua, Mexique. Toutes deux ont été félicitées par les organisations membres du jury Martin Ennals pour leur engagement et leurs formidables contributions dans leur pays respectif.

 

Les Organisations Membres du Jury

Le Prix Martin Ennals pour les défenseur-e-s des droits de l’homme est le fruit d’une collaboration unique entre dix des plus importantes organisations mondiales actives dans la défense et la promotion des droits humains: