Trois défenseurs/-ses des droits humains sélectionnés comme nominé-e-s finaux pour le Prix Martin Ennals 2014

août 24, 2014

La sélection des nominé-e-s au Prix est effectuée par la communauté internationale des droits humains (voir ci-dessous la composition du Jury du Prix). Le Prix est attribué à des défenseurs/-ses des droits humains qui ont montré un engagement important et font face à un risque personnel sérieux. L’objectif du prix est de mettre en lumière leur travail et de les protéger à travers une visibilité accrue.

Cao ShunliCao Shunli (Chine): Sa mort a été annoncée le 14 mars. Elle a disparu le 14 septembre, peu avant de prendre l’avion pour participer au Conseil des droits humains. Les autorités chinoises n’ont reconnu sa détention que des mois après. Le refus de lui prodiguer des soins pour des problèmes de santé connus a conduit à une aggravation fatale et à son décès en détention. Depuis 2008, elle se battait pour l’accès à l’information, la liberté de parole, et la liberté de réunion. A cause de son combat, elle avait passé deux ans dans le système de « rééducation à travers le travail » et était sujette à un harcèlement permanent. C’est un exemple tragique de représailles dont a souffert une défenseuse des droits humains qui se servait des mécanismes internationaux des droits humains.

« Le Conseil des droits de l’Homme, son président et d’autres membres des Nations unies doivent maintenant appuyer une enquête indépendante sur sa mort, et demander des comptes à la Chine pour ces représailles répréhensibles contre une défenseuse des droits humains engagée et pacifique », a déclaré Michael Ineichen du International Service for Human Rights.

Alejandra AncheitaAlejandra Ancheita (Mexique) : Fondatrice et Directrice exécutive de ProDESC. Pendant plus de 15 ans, elle a travaillé avec des migrants, des travailleurs et des communautés indigènes pour protéger leurs terres et leurs droits du travail face aux entreprises transnationales minières et de l’énergie. Ces conflits ont inclus des attaques violentes sur ceux qu’elle cherche à protéger. Elle est aussi l’une des pionnières de la responsabilité des compagnies transnationales devant les tribunaux mexicains lorsque les droits des communautés locales ne sont pas pris en compte. Au Mexique, il y a une tendance claire aux attaques, aux menaces, à la criminalisation, et aux meurtres des défenseurs/-ses des droits humains. Madame Ancheita et ProDESC ont été sujettes à de la surveillance, à une campagne de diffamation dans les médias nationaux, et à un cambriolage de leurs bureaux.


Madame Ancheita a déclaré que « Cette reconnaissance attire l’attention sur la violence dont souffrent les défenseurs, et en particulier les défenseuses des droits humains au Mexique. J’espère qu’il amènera de meilleures conditions et une sécurité accrue non seulement pour moi, mais pour tout-e-s les défenseurs/-ses des droits humains dans mon pays. »

Adilur Rahman KhanAdilur Rahman Khan (Bangladesh): Depuis les années 1990, il a travaillé sur un grand nombre de problématiques des droits humains, telles que la détention illégale, les disparitions forcées, et les assassinats extra-judiciaires. Son organisation, Odhikar, est l’une des dernières voix indépendantes au Bangladesh. Il est personnellement passible de poursuites criminelles pour avoir documenté les décès extrajudiciaires de 61 personnes pendant des manifestations contre le gouvernement. En août 2013, il a été retenu sans mandat d’arrêt par la police, qui a d’abord nié le détenir. Il est reconnu qu’une publicité immédiate de grande ampleur lui a sauvé la vie. Actuellement, son organisation risque d’être fermée. Des fonds de donateurs destinés à Odhikar sont bloqués par le bureau du Premier Ministre.

Monsieur Adilur Khan a déclaré que « [ma nomination à …] ce prestigieux prix m’inspirera personnellement, ainsi que mes confrères qui épaulent la lutte pour la démocratie et l’État de droit visant à parvenir à la justice sociale au Bangladesh. Comme symbole de la reconnaissance des défenseurs/-ses des droits humains, il augmentera la visibilité et la protection des familles des victimes de violations des droits humains. »

Le Prix sera présenté le 7 octobre lors d’une cérémonie hébergée par la Ville de Genève.
Le Prix Martin Ennals est la principale distinction du mouvement des droits humains. Le Prix Martin Ennals pour les Défenseurs des droits de l’Homme est une collaboration unique entre dix des plus importantes organisations mondiales des droits humains pour donner une protection aux défenseurs/-ses dans le monde entier. Le Jury est composé des ONG suivantes :

  • Amnesty International,
  • Human Rights Watch,
  • Human Rights First,
  • Int’l Federation for Human Rights,
  • Organisation mondiale contre la torture,
  • Front Line Defenders
  • Commission internationale des juristes,
  • EWDE Allemagne,
  • International Service for Human Rights
  • HURIDOCS.

Version électronique avec vidéo: http://bit.ly/QoZniC

Pour plus d’information, veuillez contacter: Michael Khambatta +41 79 474 8208
khambatta@martinennalsaward.org or visit www.martinennalsaward.org