L’appel au secours de Mona Seif 

septembre 27, 2021

Mona Seif est une militante égyptienne des droits de l’homme et une finaliste du prix Martin Ennals. Elle a grandi dans une famille de défenseurs où tous-toutes sont comme elle engagés pour la défense des droits humains et de la liberté d’expression en Égypte. Aujourd’hui, Mona tire la sonnette d’alarme au nom de son frère Alaa Abdel Fatah, en détention arbitraire depuis deux ans et dont la vie est en danger.

Une tribune de Mona Seif et de la famille d’Alaa Abdel Fatah, 13 septembre 2021

Laila Soueif, la mère d’Alaa Abdel Fatah, s’est rendue à la prison de Tora dimanche 12 septembre, pour remettre à son fils des affaires ainsi que des lettres, et recevoir de ses nouvelles. C’est sa routine hebdomadaire depuis l’arrestation et l’emprisonnement de son fils et de sa fille Sanaa le 23 juin 2020. Mais ce jour-là, l’officier de garde l’a informée, sans donner d’explication, qu’il n’y avait pas de lettre d’Alaa. Elle a attendu des heures sans aucune explication et pris le parti d’attendre encore jusqu’au lendemain, date à laquelle Alaa devait comparaître devant le tribunal pour une révision de sa détention provisoire. Elle espérait que ce manque de nouvelles ne serait dû qu’un un ennui bureaucratique. Mais le récit de ce qui s’était en réalité passé au tribunal et de l’état d’Alla nous a alerté qu’il y avait urgence.

Des violations continues

Alaa a été transféré aujourd’hui à l’Institut de police de Tora dans un convoi de sécurité séparé. Tenu en isolement durant sa détention, il n’a pas non plus été autorisé à assister à l’audience pour le renouvellement de sa détention, et il a été renvoyé en prison dès la fin de l’audience, sans être présenté au juge ni avoir l’opportunité de rencontrer ses avocats. Ceux-ci ont dû insister pour voir Alaa et qu’il soit présenté devant le juge en charge de son cas.
 

Alaa a été surpris par le renouvellement de sa détention décidée sans sa présence. Il a dénoncé les violations continues dont il est victime à Tora 2, une prison de haute sécurité, le harcèlement ciblé mené à son encontre par des responsables de la prison et l’incapacité du ministère public à le protéger et à répondre à ses rapports et plaintes répétés. Et il a terminé par un message à l’intention de sa mère : « Dites à Laila Soueif qu’elle se prépare à recevoir les condoléances pour moi ». 

Une prison de haute sécurité

Mon frère Alaa est détenu à Tora 2 depuis près de deux ans, soit la durée maximale de la détention provisoire selon la loi égyptienne. L’affaire devrait bientôt être renvoyée devant un tribunal, car tout indique que l’État insiste pour maintenir Alaa en détention pour une durée indéterminée.

Il est détenu dans de très mauvaises conditions depuis son arrivée en prison. La gravité des violations pratiquées par l’administration pénitentiaire à Tora 2 s’est accrue de manière alarmante ces derniers mois vis-à-vis de l’ensemble des prisonniers. Elle s’est particulièrement après que nous avons déposé plus d’une plainte contre le directeur de la prison, le chef des enquêtes pénitentiaires Wael Hassan, et l’officier de la sécurité nationale responsable de la prison, Walid Ahmed Al-Dahshan, connu sous le nom d' »Ahmed Fekry » au sein des prisons de Tora. 

Alaa a atteint le point de rupture

Depuis 2013, Alaa a été déplacé au sein des différentes prisons de Tora et a fait l’objet de violations quotidiennes de plus en plus graves. L’administration pénitentiaire y fait régner la terreur, dans un mépris complet des lois et dans une totale impunité, avec un ministère public qui fait la sourde oreille malgré tous nos appels à l’aide. Aujourd’hui, mon frère Alaa aspire à mourir.  

Un appel à l’aide

Nous avons emprunté toutes les voies légales possibles, frappé à toutes les portes et utilisé tous les moyens de protestation pacifique à notre disposition pour dénoncer le harcèlement et les mauvais traitements infligés à notre famille et en particulier à Alaa. 

Nous avons maintenant atteint le point de non-retour et Alaa est en danger imminent. Sa santé mentale vacille et sa vie est en danger, dans une prison hors-la-loi et avec la complicité du procureur général, du ministre de l’Intérieur, du ministre de la Justice, et bien sûr du président. 

Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale !
Sauvez la vie d’Alaa 

Sauvez la vie des autres membres de notre famille. 

Mettez fin aux crimes du ministère de l’Intérieur à la prison de haute sécurité de Tora 2. 

#FreeAlaa 

#SaveAlaa 

Merci ! 

13 septembre 2021