Mona Seif

2013 Finalist

Mona Seif Mona Seif 2013 Finalist

Personal Details

  • NationalitéEgypt, Egypt
  • ProfessionScientifique , Avocate
  • Current statusUnknown
  • Domaine d'activitéEnquête sur les droits humains, Procès devant des cours militaires

Biographie

Mona a grandi dans une famille de défenseurs de droits humains. Son père Ahmed Seif El Islam est un avocat des droits humains respecté qui a passé cinq ans en prison sous le régime de Hosni Mubarak. En 2011, son frère Alaa a comparu devant un tribunal militaire, mais devant son refus de coopérer, son cas a été transféré à une Cour civile. Il a été libéré peu de temps après.

En 2010, Mona a intensifié ses actions en faveur des droits humains lorsqu’elle a participé à une manifestation contre la brutalité des forces de l’ordre suite au décès de Khaled Saeed, tué par la police. En 2011, durant les manifestations qui ont mené à la chute du régime de Hosni Mubarak, Mona a attiré l’attention de la communauté internationale en reportant les événements directement depuis la place Tahrir, où elle et sa famille ont passé dix jours, en utilisant les réseaux sociaux. Elle a dit : « Utiliser Twitter, utiliser les réseaux sociaux, avec mon téléphone, travailler sur des cas de torture, de détention et de procès militaires – tout ceci est devenu mon propre espace de travail. J’ai maintenant trouvé ma propre manière de faire partie de tout cet environnement ».

Mona Seif being detained during a protest in November 2013 [source: egyptianstreets.com]

Mona est l’une des fondatrices du Mouvement populaire « No to Military Trials for Civilians » (en français : « Non aux procès militaires pour les civils ») qui milite pour l’arrêt des procès militaires intentés à des civils. Créé le 25 février 2011, ce Mouvement réunit aujourd’hui de nombreux activistes, avocats, familles de victimes et acteurs locaux qui militent pour cette cause. Faisant recours, entre autres, aux médias sociaux, médias traditionnels, vidéos ou encore à des prises de paroles publiques, les membres de ce Mouvement sont parvenus à mettre la question des procès militaires intentés à des civils à l’agenda politique de l’opposition égyptienne. Leurs activités ont notamment permis de faire baisser les longues peines prononcées par des cours militaires. Le cas d’Amr el-Beheir a par exemple inspiré Mona à travailler sur cette question (voir la traduction de son blog ci-dessous). En dépit des succès, plusieurs cas nécessitent encore un suivi attentif.The group has provided pro bono legal support to victims of military trials and their families. Moreover, they presented a bill to end military trials for civilians to the dissolved parliament and later publicly exposed parliament’s reluctance to approve it.

Les membres du Mouvement fournissent également des conseils légaux aux personnes jugées par des cours militaires ainsi qu’à leurs familles. Ils ont aussi proposé un projet de loi pour mettre fin à ces procès militaires intentés à des civils. Suite à la dissolution du Parlement, ils ont exposé publiquement la réticence des députés d’approuver ce projet de loi. Mona s’est aussi exprimée publiquement contre le recours à la torture par les forces de police et contre d’autres formes d’abus dont les activistes sont victimes dans le contexte actuel en Égypte. Le Mouvement que Mona a fondé est unique de par sa structure qui réunit des personnes provenant de toutes les classes sociales autour d’une même cause.

Arrêtée et détenue le 16 décembre 2011 suite aux manifestations qui ont eu lieu devant le Palais présidentiel, Mona a été victime de mauvais traitements. Elle a été libérée le jour-même et a immédiatement relayé ce qu’elle a vécu et ce à quoi elle a assisté lorsqu’elle était détenue. Elle a notamment reporté des incidents de torture et des cas de mauvais traitements infligés à des femmes et des enfants. Les autorités menacent toujours Mona en la citant à comparaitre devant des procureurs.

“Il y a des luttes que l’on ne choisit pas, on se retrouve au milieu de tout cela et on doit agir.”

Arrêtée et détenue le 16 décembre 2011 suite aux manifestations qui ont eu lieu devant le Palais présidentiel, Mona a été victime de mauvais traitements. Elle a été libérée le jour-même et a immédiatement relayé ce qu’elle a vécu et ce à quoi elle a assisté lorsqu’elle était détenue. Elle a notamment reporté des incidents de torture et des cas de mauvais traitements infligés à des femmes et des enfants. Les autorités menacent toujours Mona en la citant à comparaitre devant des procureurs.

Translation of one of Mona’s blog posts

Mon combat contre les procès militaires intentés à des civils a commencé le 26 février. Ce jour-là, je participais à une manifestation et j’ai vu les militaires frapper des gens injustement. Je les ai vus attraper un enfant et l’emmener derrière leur barrage. Je savais qu’il allait être frappé sévèrement tout comme les autres shahab que j’ai vus. Ma mère a eu la force de dire qu’elle ne quitterait pas les lieux tant que les militaires ne laissaient pas partir cet enfant, et ils l’ont finalement libéré. Si ma mère n’avait pas démontré cette force et si elle n’avait pas insisté, je n’aurais pas eu le courage de faire ce que je fais aujourd’hui et de commencer cette histoire qui n’est pas encore finie.

Mon histoire est celle de cet enfant, Amr el-Beheir, que l’armée a ré arrêté quinze minutes après l’avoir libéré.

Ils lui ont très vite intenté un procès en secret, sans que sa famille ni un avocat n’en soient informés, et l’ont jugé à cinq ans de prison à purger dans une prison très éloignée.

e me suis impliquée au moment où je tenais son bras et j’ai dit « ne le laissons pas partir, prenons-le avec nous ». Mais je me suis laissée convaincre et je l’ai laissé partir dans la voiture avec d’autres.

Lorsque j’ai appris qu’il avait été jugé, j’ai uniquement pensé au fait que je n’aurais pas dû le laisser partir. Depuis, les mêmes images défilent dans mon esprit : ma main qui lâche son bras, le laissant entrer dans la voiture. Je n’aurais jamais dû le laisser partir, j’aurais dû écouter ma petite voix qui me disait de le garder.

Mais ceci est mon histoire, ma destinée et c’est là que j’ai commencé.

Le cas d’Amr el-Beheir n’est pas isolé : j’ai découvert 12’000 Amrs, peut-être plus. Mais tout ceci a commencé à cause d’un incident personnel qui m’a rendu responsable d’Amr el-Beheir. De toutes les nouvelles histoires que j’entends, il y a un nom qui reste gravé dans mon esprit, qui fait que leur douleur devient ma douleur, leur résistance ma résistance, ma voix leur voix.

Je vous demande de partager leurs aventures. Et de les prendre personnellement.

Photos

Mona Seif
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