Mohamed Zaree

2017 Finalist

mohammed_zaree_700px_png Mohamed Zaree 2017 Finalist

Personal Details

  • NationalitéEgypt
  • ProfessionLawyer
  • Current statusActive
  • Domaine d'activitéHuman Rights Law

Biographie

Mohamed Zaree est un fervent militant et un juriste spécialisé dans le plaidoyer pour le respect des droits humains, en particulier les libertés d’expression et d’association. Il est aussi connu pour le poste de directeur qu’il occupe au sein du Bureau Egypte du CIHRS (Cairo Institute for Human Rights Studies ou Institut du Caire pour l’Etude des Droits humains).

Après avoir terminé ses études de premier cycle à l’Université du Caire en 2002, Zaree a obtenu un diplôme d’études supérieures avec la spécialisation “société civile et droits humains” en 2004. Il a ensuite travaillé avec plusieurs organisations non gouvernementales égyptiennes et internationales, notamment United Group, Nazra for Feminist Studies et Catholic Relief Services. En 2011, il a rejoint le CIHRS pour diriger le programme Egypte.

Suite à la répression des organisations égyptiennes de défense des droits humains, Zaree a assumé la responsabilité de directeur du Bureau Egypte du CIHRS. Les pressions gouvernementales exercées sur le CIHRS ont contraint l’institut à déplacer son siège à Tunis en 2014. En raison de son travail inlassable de défense des droits humains, Zaree fait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire dans le cadre de laquelle il risque très fortement de faire l’objet de poursuites judiciaires et d’être condamné à la prison à perpétuité.

Ces dernières années, les défenseurs des droits humains font l’objet de pressions accrues exercées par le gouvernement égyptien. Les ONG et les défenseurs des droits humains sont menacés par une vague croissante de menaces judiciaires et illégales ainsi que par des mesures de harcèlement et d’intimidation de l’État. Malgré ces circonstances difficiles, Zaree dirige les recherches du CIHRS sur les questions relatives aux droits humains et aide à coordonner les initiatives de plaidoyer en Egypte. Zaree s’est également exprimé ouvertement dans les médias, initiant un dialogue public sur les questions relatives aux droits humains. Il coordonne et anime le Forum des ONG indépendantes égyptiennes de défense des droits humains, un réseau créé par le CIHRS en 2007 pour fédérer les groupes de défense des droits humains en Égypte. Pendant cette période critique pour la société civile, les initiatives de Zaree ont aidé les ONG à développer une approche commune pour aborder les questions relatives aux droits humains en Egypte.

Zaree est un fervent défenseur de la liberté d’association en Egypte. Depuis 2012, il représente le CIHRS dans des comités officiels chargés de rédiger une nouvelle loi sur les ONG pour l’Egypte. Malgré l’environnement hostile dans lequel évolue la société civile, Zaree a persisté dans ses efforts de plaidoyer en faveur de la liberté d’association auprès de plusieurs ministères relevant du CSFA (Conseil suprême des forces armées) et sous les présidences de Mohammed Morsi et d’Adly Mansour. Il a pris la parole et participé à des débats au Parlement égyptien sur la loi très restrictive sur les ONG (loi 84/2002), aujourd’hui remplacée par la loi 70/2017, encore plus restrictive.

Les activités de Zaree en tant que leader du mouvement de lutte contre les violations des droits humains en Egypte n’ont pas été accueillies favorablement par le gouvernement égyptien. Le 26 mai 2016, alors qu’il se trouvait à l’aéroport pour prendre un vol, il a été informé qu’il avait été interdit de sortir du territoire égyptien sur ordre du juge d’instruction dans l’affaire 173/2011, communément appelée “Affaire des financements étrangers contre les ONG”. En mai 2017, un an après son interdiction de voyager, le juge d’instruction a porté contre lui trois accusations, dont deux pour motifs criminels, et a ordonné sa libération sous caution dont le montant était exorbitant. Les accusations portées contre lui constituent manifestement un cas de représailles pour son travail dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies, ainsi que pour ses efforts de plaidoyer et de mobilisation. L’affaire des financements étrangers est un outil répressif utilisé par le gouvernement égyptien pour restreindre la capacité d’action de la société civile. Dans le cadre de cette affaire, Zaree risque la prison à perpétuité s’il est reconnu coupable d’avoir reçu des fonds de l’étranger. Au moment où son interdiction de voyager a été prononcée, Zaree était le septième défenseur des droits humains en Égypte à se voir interdire de voyager à l’étranger dans le cadre de cette affaire.

Zaree a réagi à cette interdiction en réaffirmant avec défi son engagement à défendre pacifiquement les droits humains:

“C’est aux côtés des courageux et des indéfectibles que je me tiens. Aux côtés de ceux dont le seul crime est de lutter pacifiquement pour les libertés fondamentales. (…) Nous refusons d’abandonner. Nous comprenons que la répression croissante ébranle la stabilité de l’Egypte à court terme et laisse présager un sombre avenir pour notre pays.”

Zaree continue de jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre l’oppression de l’Etat contre la société civile. Il reste une figure visible et indéfectible de la communauté des droits humains. Il est plus actif que jamais en Egypte en tant que défenseur des droits humains, malgré les risques et les persécutions incessants et croissants auxquels il est confronté au quotidien.

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