Adilur Rahman Khan

2014 Finalist

Adilur Rahman Khan Adilur Rahman Khan 2014 Finalist

Personal Details

  • NationalitéBangladesh, Bangladesh
  • ProfessionAvocat des droits humains
  • Current statusActive
  • Domaine d'activitéDroits humains

Biographie

Adilur Rahman Khan est avocat à la Cour suprême du Bangladesh, ancien procureur général adjoint du Bangladesh (octobre 2001-mai 2007) et le co-fondateur et le secrétaire général de l’organisation de défense des droits humains Odhikar. Alors qu’il étudiait le droit à l’université de Dhaka, il était un leader étudiant dans le mouvement en faveur de l’établissement d’une démocratie sous le régime militaire du Lieutenant général Hossain Mohammad Ershad qui avait usurpé le pouvoir et instauré la loi martiale le 24 mars 1982. Adilur a obtenu des diplômes de masters en droit de l’université de Dhaka au Bangladesh et de Vrije Universitiet, à Bruxelles, en Belgique.

Adilur Rahman Khan a poursuivi ses activités de militantisme tout en exerçant son métier d’avocat. Il a travaillé à maintes reprises sur des affaires très médiatisées touchant à la liberté d’expression dans lesquelles des journalistes avaient été accusés ou même détenus sans accusation pour être réduits au silence. Il a également engagé des poursuites contre les autorités, notamment contre l’ancien président Ershad. Adilur a travaillé sur l’affaire de la première condamnation de policiers reconnus coupables d’actes de torture ayant entrainé la mort en détention. Il continue de défendre bénévolement des prisonniers d’opinion et des militants syndicaux et il a représenté des familles de victimes de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires.

Adilur Rahman Khan

Adilur Rahman Khan devant le tribunal de première instance de Dhaka. Soupçonné d’avoir violé la loi de 2006 sur les technologies d’information et de communication. Il a été libéré plus tard sous caution.  

Adilur Rahman Khan et plusieurs autres membres de la société civile ont fondé l’organisation de défense des droits humains Odhikar le 10 octobre 1994. Depuis, l’organisation accomplit un travail approfondi de documentation  et d’enquête sur les violations des droits humains.

Odhikar traite en particulier des violations telles que les exécutions extrajudiciaires, la torture, les disparitions forcées, la violence contre les femmes ou encore les violations des droits des minorités. Membre du Réseau asiatique pour des élections libres (Asian Network for Free Elections, ANFREL), Odhikar a acquis la réputation d’être un organe de suivi des élections crédible avec ses employés et ses membres qui sont intervenus comme observateurs électoraux internationaux. Au cours des dix-neuf dernières années, elle a acquis une solide réputation tant au niveau national qu’à l’échelle internationale.

Le 10 août 2013, à 22h30, Adilur Rahman Khan a été enlevé à bord d’une voiture devant son domicile par des hommes en civil et sans pièce d’identité ou mandat d’arrêt devant son épouse et ses deux enfants. Les hommes ont déclaré appartenir à la Detective Branch (DB) de la police mais sans lui dire où et pourquoi ils l’enlevaient. Sa famille craignait qu’il ne disparaisse pour toujours comme cela est arrivé à d’autres dans des affaires similaires. La police locale et les sentinelles au siège de la DB ont nié sa détention. Juste après son enlèvement, Odhikar a envoyé un email aux médias, aux défenseurs des droits humains locaux, aux organisations internationales et aux missions étrangères. A 23h30, la même nuit, Odhikar a organisé une conférence de presse qui a été diffusée. L’organisation et des membres de la presse ont ensuite appris qu’il avait été emmené au siège de la DB. C’est ainsi que par la suite les chaines de télévision ont diffusé l’information selon laquelle Adilur avait été arrêté et amené au siège de la DB.

Adilur Rahman Khan

Adilur Rahman Khan devant les archives du bureau d’Odhikar à Dhaka. Khan a fondé Odikhar en 1994. Ils continuent de mener des missions d’enquête et de recueillir des informations sur les violations des droits humains au Bangladesh.

Le lendemain après-midi, vers 14h30, il est comparu devant la cour de magistrats. C’est alors qu’il a appris qu’il avait été arrêté car il était suspecté  d’avoir violé la loi sur l’information et les technologies de communication de 2006. Odhikar a révélé des informations sur des exécutions extrajudiciaires qui se sont déroulées lors d’un rassemblement organisé par le groupe Hefazate Islam les 5 et 6 mai 2013. En juillet 2013, le ministère de l’Information a demandé à Odhikar de lui fournir les adresses et les noms des proches/membres de la famille des personnes décédées qu’Odhikar avait identifiées comme victimes d’exécutions extrajudiciaires. Odhikar a dit qu’elle ne pouvait répondre positivement à cette demande si elle voulait continuer à protéger les familles des victimes.

Adilur Rahman Khan devant les archives du bureau d’Odhikar à Dhaka. Khan a fondé Odhikar en 1994. Ils continuent de mener des missions d’enquête et de recueillir des informations sur les violations des droits humains au Bangladesh.

Odhikar a cependant accepté de donner les adresses à une commission d’enquête indépendante établie par le gouvernement pour enquêter sur les accusations d’exécutions extrajudiciaires. L’organisation n’a reçu aucune réponse du ministère de l’Information. En août, Adilur était placé en détention. La nuit suivante, la DB de la police a débarqué au bureau d’Odhikar pour saisir les ordinateurs. L’un des ordinateurs portables contenait une liste approximative et non vérifiée de personnes potentiellement victimes d’exécutions extrajudiciaires les 5 et 6 mai. La DB a fait circulé ce brouillon de liste aux médias en la présentant comme la liste qu’Odhikar avait refusée de leur remettre.

Le juge a rejeté la demande de libération sous caution et a accordé cinq jours de détention préventive. Au Bangladesh, la détention préventive par la police est synonyme de torture en garde à vue. Pendant plus de quinze ans., Odhikar a enquêté sur ce fléau et l’a dénoncé. C’est seulement au terme de plusieurs procédures administratives et juridiques illégales que sa libération sous caution a été prononcée le 8 octobre 2013. En réalité, il n’a été libéré (sous caution) que le 11 octobre 2013.

Adilur Rahman Khan prononce un discours lors d’un événement parallèle sur les droits humains au Bangladesh organisé au Palais des nations à Genève en Suisse.

Adilur Rahman Khan delivering a speech at side event on human rights in Bangladesh at the Palais des Nations in Geneva, Switzerland.

Adilur Rahman Khan prononce un discours lors d’un événement parallèle sur les droits humains au Bangladesh organisé au Palais des Nations à Genève, en Suisse.

Après que les procureurs ont retardé la remise des documents nécessaires à la défense d’Adilur, la Haute Cour a suspendu l’affaire pendant trois mois le 21 janvier 2014, puis une nouvelle fois pendant six mois le 15 avril 2014. Dans le même temps, la libération sous caution accordée à Adilur a été prolongée pendant un an. Adilur Rahman Khan a pu retrouver son métier d’avocat et son militantisme des droits humains.

Les médias imprimés et électroniques pro-gouvernementaux et les chaines de télévision privées appartenant aux partisans du gouvernement ont lancé une campagne de diffamation contre Adilur, Odhikar et le rapport d’enquête. Cette campagne a été marqué par du sensationnalisme, un travail de journalisme basé sur une liste non vérifiée, des attaques personnelles et organisation d’émissions et des débats avec des personnes connues comme étant les partisans du gouvernement et les bénéficiaires comme invités.

Le bureau des affaires des ONG sous le bureau du premier ministre a également enquêté sur Odhikar à deux reprises. Cette enquête qui n’a abouti à aucun résultat concluant a tout de même empêché Odhikar de recevoir les fonds étrangers nécessaires à la mise en oeuvre de ses projets.

Photos

Adilur Rahman Khan
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